Former les aidants : un enjeu de société
Le quotidien, le 10 Mai 2011. La réforme de la dépendance n'a pas que des implications financières. Elle pose aussi le problème de la formation des aidants familiaux. A Saint-Pierre, l'EMAP se réorganise dans ce sens.La réforme de la dépendance, qui sera au coeur d'un débat public jeudi à l'université et sur lequel s'est positionné récemment le Département, interpelle évidemment les acteurs de la formation dans le secteur social et médico-social.
C'est le cas en particulier de l'EMAP, créé il y a 9 ans et basée à Saint-Pierre. "De part notre histoire - car l'EMAP émane de la Fondation Père-Favron - nous avons été sensibilisé dés le début à ce champ professionnel de la dépendance ", souligne son directeur, M. Jean-Yves Gilles.
L'école à commençé à s'occuper des aidants familiaux en 2006, sur le constat que ces personnes - qui seraient environ 16 000 à la Réunion - se trouvent dans leur grande majorité "isolée, en situation de souffrance importante et ont besoin d'un accompagngement pour continuer à garder un équilibre ".
Personnes Fragiles
Pendant longtemps, les lieux d'accueils que sont domicile et institution (en l'occurence maison de retraite) se sont ignorés. Mais désormais, ils fonctionnent de plus en plus dans une "complémentarité d'action" et d'une logique d' "alliance entre l'aidant et le professionnel" - par exemple, à travers l'accueil de jour ou l'hébergement temporaire, note M. Gilles.
Dans ce contexte et avec le souci d'améliorer la qualification et la qualité des services aux personnes dépendantes, l'école sudiste réorganise sa carte de formation diplômantes. Celle-ci se décline selon une logique de filières (au nombre de 4 : aide à domicile, éducative, sanitaire et rééducation) et de niveaux (au nombre de 5 : V à I).
C'est pour le niveau V (correspondant aux auxiliaires médico-sociaux) que le nombre de diplôme d'état est le plus nombreux : pas moins de 21. un rapport remis au Premier Ministre par le président de la commission nationale de la certification professionnelle préconise d'ailleurs une simplification dans ce domaine.
L'EMAP, elle, veut éviter la confusion " entre service à la personne et service aux personnes fragiles. Notre souci à nous est de travailler dans le service aux personnes fragiles et de veiller et de veiller à ce que le métier d'auxiliaire de vie sociale soit pertinent, en terme de compétences éthiques et techniques, pas seuleument de tâches ménagères ", précise le directeur.
L'école projette de développer des formations certifiantes dans la filière de rééducation. A la rentrée 2012 / 2013, elle devrait ainsi proposer deux diplômes aujourd'hui absents localement : ceux de psychomotricien et d'ergothérapeute.
A côté des métiers existants, Jean-Yves Gilles insiste sur la nécessité de promouvoir de "nouveaux métiers" répondant à l'évolution des pratiques. Ainsi, dans la logique d'un " accompagnement sans rupture " de la personne dépendante, centré sur son " projet de vie ", il faut des " gestionnaires de cas " : professionnels capables de faire le lien entre les divers prestations et les différents intervenants.
La formation d'assistant de soin en gérontologie, que vient d'ouvrir à l'EMAP, s'inscrit dans cette perspective, dans le cadre du plan Alzheimer. De niveauV, elle s'adresse à des aides médico-psychologiques (AMP), auxiliaires de vie sociale et aides soignants. "On est aujourd'hui dans une logique de " formation tout au long de la vie ", commente Jean-Yves Gilles à propos de ce qu'il considère comme un véritable "enjeu de société". Dans les toutes prochaines années, c'est même une véritable " révolution " qui se prépare. Créée fin 2008, l'union nationale des associations de formation et de recherche en intervention sociale (Unaforis), à laquelle appartient l'EMAP, mûrit la création de hautes écoles professionnelles pour l'action sociale (Hepas), avec une nouvelle architecture des formations respectant une nomenclature européenne.





